Vers une écologie de l’esprit De l’usage à l’usager « Le temps des médias, pour ce qui le concerne, n’est pas seulement le présent de l’indicatif, il est aussi défini par l’urgence. Il est hanté par une obligation de hâte ou de cadence à suivre ; une injonction qui fait du chronomètre un défi permanent, un adversaire à combattre. Le temps médiatique n’est plus notre allié, il devient notre ennemi. Il n’obéit plus vraiment à cet écoulement inexorable dont se chagrinait la littérature romantique, il prend la figure d’un déferlement. Le temps déferle littéralement sur nos têtes. Nous en concevons une obscure inquiétude. A rester trop immobiles dans nos convictions, pensons-nous, nous risquerions de manquer quelque chose de la course du monde. La religion de la vitesse qui nous assiège transporte avec elle un « trop-plein » de réel. Pour éviter d’être submergé nous n’avons d’autre recours que de nous dépêcher toujours plus. Nous finissons par faire de la vitesse elle-même le symbole de l’innovation, de la réussite et du bonheur humain. La politique s’en ressent. De plus en plus obéissante aux injonctions médiatiques, elle devient sans cesse plus réactive, émotive et inquiète. Ce n’est plus une religion du salut (ou du « projet ») mais de la perte. » (réflexions autour de la vitesse et du travail de Virillo) Le sujet : Implicitement et de manière de plus en plus quotidienne nous nous trouvons contraint de nous adapter à des interfaces « communicantes » . Designer, ergonome, artistes, tous travail pour nous offrir des objets, des sites, des oeuvres aux possibilités d’interaction toujours plus innovantes. Les besoins, les comportements s’en trouvent modifiés, la relation à soi, aux autres, à l’ information. Est il possible au delà de la fascination de se réaproprier les enjeux développés par les nouvelles technologies. En quoi sont elles utiles,? « je m’en sert comment? »…. En essayant de rétablir une distance nécessaire, dans une posture identique au critique de cinéma Serge Daney dans le Salaire du zappeur à propos de la télévision : « Il ne lui reste qu’à être ce qu’elle est depuis toujours ; une technique de simulation qui a, certes, sa vérité mais qui n’a pas le droit de se substituer à la vie des gens (excepté, bien sûr, ceux qui ne vivent que de simulacres). Un jour la télé saura qu’elle est une grande perverse. » pourriez vous on imaginer des interfaces qui auto-interrogent, auto-critiquent leurs fonctions. Penser à l’ergonomie qui pourrait redéfinir les priorités des usages auxquelles sont dédiées ces interfaces. Envisager la relation à l’apprentissage, à la multiplication de savoir faire, de vocabulaire dédiés qui accompagnent ces nouvelles interfaces… Interroger les notions : réalité, virtualité, interface, interactivité, mémoire (ram, vive…savoir et souvenir), message, médium… Vers une écologie de l’esprit … Equipes de 2 étudiants par projet.

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